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Niveau 2 · Intermédiaire

Comprendre le Maroc

Trois mille ans d’histoire, des montagnes au désert, les arts, les musiques et la société.

24 pages

Un livre de l’APML, l’Association des étudiants polytechniciens marocains de Lausanne

Avant de commencer

Le premier livre vous a donné les clés pour arriver. Celui-ci raconte d’où vient le Maroc : des millénaires d’histoire, des paysages qui changent tous les cent kilomètres, des arts et des musiques transmis de maître à apprenti.

Un fil traverse tous ces chapitres : le Maroc s’est construit à la rencontre des mondes amazigh, arabe, africain, andalou, juif et méditerranéen. Sa Constitution le dit elle-même.

Son unité, forgée par la convergence de ses composantes arabo-islamique, amazighe et saharo-hassanie, s’est nourrie et enrichie de ses affluents africain, andalou, hébraïque et méditerranéen.
Préambule de la Constitution du Maroc, 2011

Une longue histoire

Des premiers Homo sapiens aux grandes dynasties, puis au Maroc indépendant.

Les origines

À Jebel Irhoud, entre Safi et Marrakech, on a retrouvé les plus anciens fossiles connus d’Homo sapiens : ils ont environ 300 000 ans.

Les premiers habitants connus de l’histoire sont les Amazighs, qu’on appelait autrefois Berbères. Les Phéniciens, puis les Carthaginois, installent des comptoirs sur la côte ; au nord naissent des royaumes amazighs, comme la Maurétanie.

Rome en fait une province. Ses plus belles ruines sont à Volubilis, près de Meknès, avec leurs mosaïques encore en place.

L’islam et les dynasties

L’islam arrive à la fin du VIIe siècle. En 788, Idriss Ier fonde la première dynastie marocaine ; son fils fait de Fès sa capitale. C’est là qu’en 859 Fatima al-Fihri fonde la Qaraouiyine, l’une des plus anciennes universités du monde.

Viennent ensuite de grands empires nés au Sahara et dans l’Atlas, qui règnent jusqu’en Andalousie, puis les Saadiens et, depuis le XVIIe siècle, les Alaouites, la dynastie du roi actuel.

Les dynasties

Les principales, de la première à celle d’aujourd’hui.

Fès, la première capitale.
Venus du Sahara, ils fondent Marrakech.
La Koutoubia, la tour Hassan et la Giralda de Séville.
Les médersas de Fès, le temps d’Ibn Battuta.
La bataille des Trois Rois en 1578, les tombeaux de Marrakech.
Moulay Ismaïl à Meknès, puis le Maroc moderne.

Protectorat et indépendance

En 1912, le traité de Fès place le Maroc sous protectorat français ; l’Espagne occupe le Nord et une partie du Sud, et Tanger devient plus tard une zone internationale.

Dans le Rif, Abdelkrim el-Khattabi bat l’armée espagnole à Anoual en 1921. En 1944, le Manifeste de l’Indépendance réclame la fin du Protectorat.

En 1953, la France exile le sultan Mohammed V : tout le pays se soulève. Il revient en 1955, et le Maroc retrouve son indépendance le 2 mars 1956.

Depuis 1956

Hassan II règne de 1961 à 1999. En 1975, la Marche verte conduit 350 000 volontaires vers le Sahara.

Mohammed VI lui succède en 1999. En 2004, l’Instance Équité et Réconciliation revient sur les violations des droits humains des « années de plomb », et un nouveau Code de la famille renforce les droits des femmes.

En 2011, une nouvelle Constitution fait de l’amazighe une langue officielle. En 2017, le Maroc rejoint l’Union africaine.

Des montagnes au désert

En une journée de route, le climat, la langue et le paysage changent.

Quatre Maroc

Le Nord : le Rif, ses montagnes vertes et ses villes andalouses, Tétouan, Chefchaouen, Tanger, face à l’Europe.

Les plaines atlantiques : Rabat, Casablanca, El Jadida, et les grandes terres agricoles.

L’Atlas : le Moyen, le Haut et l’Anti-Atlas, leurs cèdres, leurs villages de terre et leurs sommets enneigés.

Le Sud : les oasis du Drâa et du Tafilalet, les kasbahs, puis le Sahara et ses villes sur l’Atlantique, Laâyoune et Dakhla.

Paysages à voir

Le plus haut sommet d’Afrique du Nord, 4 167 mètres, à deux heures de Marrakech.
Des dunes de plus de 150 mètres, près de Merzouga.
Des falaises de 300 mètres, au pied du Haut Atlas.
Une centaine de mètres de chute, et des singes magots dans les oliviers.
Toits pentus et forêt de cèdres : on l’appelle « la Suisse du Maroc ».
Une lagune au bord du désert, paradis du kitesurf.

Arts et savoir-faire

L’artisan s’appelle maâlem : le maître.

Une maison marocaine

Dans la médina, les maisons tournent le dos à la rue : derrière une porte de bois clouté, tout s’ouvre sur une cour intérieure. Le riad est la maison à jardin intérieur ; le dar, la maison à patio.

Au sol et sur les murs, le zellige ; au-dessus, le stuc ciselé et les plafonds de cèdre peint ; au hammam, le tadelakt, un enduit à la chaux poli à la pierre. Chaque surface est l’œuvre d’un métier.

Savoir-faire

Des carreaux émaillés taillés un à un au marteau, puis assemblés en étoiles.
Tissé dans l’Atlas, chaque région a ses motifs ; les Beni Ouarain sont blancs à losanges sombres.
Tanné à Fès, dans les cuves de la Chouara. Le mot « maroquinerie » vient du Maroc.
Le bleu de Fès, les couleurs de Safi, le vert de Tamegroute.
Le cèdre de l’Atlas sculpté pour les portes et les plafonds, le thuya marqueté d’Essaouira.
Brodé, galonné, porté pour les fêtes : chaque génération le réinvente.

Musiques

Des nuits gnaoua d’Essaouira aux orchestres andalous de Fès.

Une musique pour chaque moment

Au Maroc, la musique accompagne la vie : les mariages, les fêtes religieuses, les moissons, les veillées. On la joue rarement seul, et le public y participe, en frappant dans ses mains ou en dansant.

Le gnaoua (2019) et le malhoun (2023) sont inscrits au patrimoine immatériel de l’humanité de l’UNESCO, comme la place Jemaa el-Fna de Marrakech, ses conteurs et ses musiciens.

À écouter

Une musique de transe aux racines ouest-africaines, au son du guembri et des qraqeb.
Les noubas venues d’al-Andalus, jouées par les orchestres de Fès, Tétouan et Rabat.
De la poésie chantée en darija, longtemps l’art des artisans des villes.
Le chant des chikhates des plaines atlantiques, rude et bouleversant.
Les danses chantées des villages amazighs de l’Atlas, en cercle ou en ligne.
Le groupe qui, dans les années 1970, a fait entrer ces traditions dans la musique populaire.

La société

Famille, foi et hospitalité : ce qui tient le pays ensemble.

La famille d’abord

La famille est au centre de tout. On vit souvent près de ses parents, on les consulte, on s’occupe d’eux quand ils vieillissent. Leur bénédiction, la rda, compte beaucoup.

Naissances, mariages et deuils rassemblent tout le monde. Un mariage dure souvent plusieurs jours : soirée du henné, mariée portée sur l’amaria, tenues qui changent au fil de la nuit.

Le septième jour après une naissance, l’enfant reçoit son nom : c’est le sbou’.

La foi

L’islam est la religion de l’État, et le roi porte le titre de Commandeur des croyants. L’islam marocain est sunnite, de rite malékite, et marqué par le soufisme, ses confréries et ses moussems, fêtes autour du tombeau d’un saint.

Le pays a aussi une histoire juive qui remonte à l’Antiquité : mellahs, synagogues et cimetières, dont beaucoup ont été restaurés, en gardent la trace.

Un pays jeune

Près de deux Marocains sur trois vivent en ville, et la moitié de la population a moins de trente ans.

Environ cinq millions de Marocains vivent à l’étranger, en Europe surtout. Chaque été, l’opération Marhaba accueille ceux qui rentrent au pays pour les vacances.

Beaucoup partent aussi étudier : en France, en Espagne, au Canada… et en Suisse, à l’EPFL, où l’APML les accueille.

La suite

Vous savez maintenant d’où vient le Maroc et ce qui le fait vivre. Le niveau 3 vous emmène plus loin : grandes figures, villes impériales, littérature, Maroc d’aujourd’hui et codes du quotidien.

Sur l’étagère du bas, des voyageurs d’autrefois racontent le Maroc qu’ils ont vu.