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Niveau 1 · Débutant

Découvrir le Maroc

L’essentiel en une soirée : le pays, ses langues, sa table, ses fêtes et dix mots de darija.

22 pages

Un livre de l’APML, l’Association des étudiants polytechniciens marocains de Lausanne

Marhaba, bienvenue !

Ce petit livre est fait pour celles et ceux qui découvrent le Maroc : une camarade de cours, un colocataire, un voyageur qui prépare son premier séjour.

En une soirée, vous saurez où se trouve le pays, quelles langues on y parle, ce qu’on y mange et ce qu’on y fête, et comment éviter les impairs.

Ensuite, deux autres livres vous attendent sur l’étagère : Comprendre le Maroc, puis Le Maroc en profondeur.

Le pays en bref

Entre la Méditerranée, l’Atlantique et le Sahara.

Où est le Maroc ?

Le Maroc est au nord-ouest de l’Afrique, juste en face de l’Espagne : au détroit de Gibraltar, quatorze kilomètres seulement séparent les deux continents.

Le pays a deux côtes, l’une sur la Méditerranée, l’autre sur l’Atlantique. Entre les deux s’élèvent les montagnes du Rif et de l’Atlas ; au sud commencent les oasis et le Sahara.

En une journée de route, on passe de la neige de l’Atlas aux plages de l’océan. Et oui, on skie au Maroc !

Le Maroc en chiffres

d’habitants au recensement de 2024, dont près de deux sur trois en ville.
La capitale, siège du gouvernement et du Parlement.
La plus grande ville, plus de trois millions d’habitants, et le cœur économique du pays.
L’altitude du Toubkal, dans le Haut Atlas, plus haut sommet d’Afrique du Nord.
La monnaie, notée MAD ou DH. Un dirham vaut cent centimes.
La même qu’à Lausanne en hiver, une heure de moins en été et pendant le ramadan.

Les langues

Au Maroc, on change de langue au milieu d’une phrase, et tout le monde suit.

Un pays, plusieurs langues

L’arabe et l’amazighe sont les deux langues officielles. Au quotidien, on parle surtout la darija, l’arabe marocain, et l’amazighe dans ses trois grandes variantes : le tarifit au nord, le tamazight dans l’Atlas, le tachelhit au sud.

L’amazighe a son propre alphabet, le tifinagh : vous le verrez sur les panneaux, à côté de l’arabe.

Le français reste très présent dans les études et les affaires, l’espagnol dans le Nord, et le hassani dans le Sahara.

Pour dire bonjour

Dix mots de darija pour commencer. Le kh se prononce comme la jota espagnole.

Bonjour. En entier : salam alaykoum, « la paix soit sur vous ». On répond wa alaykoum salam.
Ça va ? On demande aussi des nouvelles de la famille, longuement.
« Dieu merci » : la réponse à labas, même quand tout ne va pas parfaitement.
Bienvenue, en entrant dans une maison, une boutique, un stand.
Au revoir, littéralement « avec la paix ».

Pour se débrouiller

Merci. Et pour « s’il te plaît » : afak.
D’accord. Le mot le plus utile de la langue.
Beaucoup, un peu. Choukran bzzaf : merci beaucoup.
Combien ? Au souk, la question qui ouvre la négociation.
« Si Dieu le veut » : pour tout ce qui est à venir. Cela peut vouloir dire oui, peut-être… ou non.

À table

On ne mange jamais seul, et il y a toujours de quoi recevoir un invité de plus.

Partager le plat

Le repas se partage souvent dans un grand plat commun, au milieu de la table. On mange avec la main droite, en s’aidant d’un morceau de pain, chacun dans la part qui se trouve devant lui.

Le pain, le khobz, est presque sacré : on ne le jette pas. Avant de commencer, on dit bismillah, « au nom de Dieu » ; à la fin, hamdoullah.

Votre hôte insistera pour que vous repreniez de tout : c’est sa façon de dire que vous êtes le bienvenu.

Le thé à la menthe

Thé vert, menthe fraîche, beaucoup de sucre : le thé à la menthe se boit à toute heure, et on l’offre à chaque visite.

On le verse de haut, pour qu’il mousse dans le verre : la mousse est le signe d’un thé bien servi. Celui qui le prépare goûte, reverse dans la théière, goûte encore.

Refuser un verre n’a rien de vexant. Mais en accepter un, c’est accepter un moment ensemble.

Plats à goûter

Semoule roulée à la main, légumes et viande : le plat du vendredi, en famille.
Le plat en terre au couvercle conique, et tout ce qui y mijote lentement.
Feuilleté sucré-salé au poulet, aux amandes et à la cannelle.
Soupe de tomates, lentilles et pois chiches, celle qui rompt le jeûne du ramadan.
Crêpe feuilletée au miel et au beurre, pour le petit déjeuner ou le goûter.
Farine grillée, amandes et sésame : la douceur des grandes occasions.

Les fêtes

Deux calendriers rythment l’année : celui du soleil et celui de la lune.

Le ramadan

Pendant le mois de ramadan, les musulmans ne mangent ni ne boivent de l’aube au coucher du soleil. À l’appel à la prière du soir, on rompt le jeûne ensemble : c’est le ftour, avec des dattes, de la harira et des chebakia, gâteaux au miel et au sésame.

Les soirées sont longues et animées, les rues pleines après la tombée de la nuit.

Le ramadan suit le calendrier lunaire : chaque année, il commence une dizaine de jours plus tôt.

Les fêtes religieuses

Leur date suit la lune : elle est confirmée la veille, quand on aperçoit le croissant.

La fin du ramadan : prière, habits neufs, visites en famille et gâteaux.
La « grande fête » : les familles qui le peuvent sacrifient un mouton, partagé avec les proches et les plus démunis.
Dix jours plus tard vient Achoura, la fête des enfants : jouets, tambourins et jeux d’eau.
La naissance du Prophète, fêtée en chants ; à Salé, une procession de grands cierges traverse la ville.

Les fêtes nationales

Le Nouvel An amazigh, jour férié depuis 2024.
L’accession au trône du roi Mohammed VI, en 1999.
Le soulèvement de 1953, après l’exil du sultan Mohammed V.
Instituée en 2025, pour l’unité nationale et l’intégrité territoriale du Royaume.
En 1975, 350 000 volontaires marchent pacifiquement vers le Sahara.
Le retour d’exil de Mohammed V en 1955, prélude à l’indépendance de 1956.

Savoir-vivre

Quelques gestes simples, et vous serez reçu comme quelqu’un de la famille.

Saluer et recevoir

On ne se salue jamais en vitesse : on se serre la main, on la porte parfois à son cœur, on prend des nouvelles de chacun. Entre amis proches, on se fait la bise.

Avec une personne de l’autre sexe, attendez qu’elle vous tende la main : certains préfèrent la poser sur le cœur.

Si l’on vous invite, apportez des gâteaux, des fruits ou, comme le veut la tradition, du thé et du sucre. Et gardez de la place : il y aura beaucoup à manger.

Petits gestes qui comptent

Pour manger, donner et recevoir.
On les retire souvent en entrant dans une maison, surtout sur les tapis.
Demandez avant de photographier quelqu’un.
Elles sont réservées aux musulmans, sauf quelques-unes, comme la mosquée Hassan II à Casablanca.
On y négocie, avec le sourire, et seulement si l’on compte acheter.
Par respect, on évite de manger ou de boire dans la rue pendant la journée.

Bslama, et à bientôt !

Vous connaissez maintenant l’essentiel. Le reste s’apprend autour d’un thé, avec des Marocains : venez nous voir à l’un de nos événements.

Pour aller plus loin, l’histoire, les paysages et les arts du Maroc vous attendent au niveau 2.